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 VITE DIT


Décès de Françoise Lepage

 
25 janvier 2010

Samedi le 23 janvier, notre collaboratrice Françoise Lepage est décédée d’un cancer foudroyant, à l’hôpital général d’Ottawa. Elle était âgée de soixante-quatre ans.

La contribution de Françoise Lepage à la littérature jeunesse canadienne et québécoise a été multiple : bibliothécaire, chercheuse, enseignante (au Département de lettres françaises de l’Université d’Ottawa durant plus de dix ans), conférencière, écrivaine pour la jeunesse, directrice de collections (aux éditions David et L’Interligne). On se souvient qu’elle a écrit, entre autres, de rares et indispensables ouvrages de référence sur notre littérature nationale et sur ses auteurs et illustrateurs. Son Histoire de la littérature pour la jeunesse (2000) a gagné trois prix et sa biographie Paule Daveluy ou la passion des mots a été fort remarquée. Outre un recueil de nouvelles à paraître, elle a signé trois albums et sept romans pour jeunes, dont Poupeska (Prix Trillium, prix littéraire Le Droit).

On peut lire un témoignage émouvant de M. Jean Malavoy, directeur général de l'Association des auteurs de l'Ontario francophone, sur le site de l'Association (cliquez sur «77e lettre aux membres de l'AAOF»).

Françoise laisse le souvenir d’une personne discrète, cultivée, amoureuse de la langue, d’une grande rigueur professionnelle et intellectuelle, généreuse d’informations et très modeste malgré les prix qu’elle a remportés. Sa collaboration de quinze ans à Lurelu, comme critique et auteure d’articles, a été d’une qualité exceptionnelle.

Nous la regretterons.

Ginette Landreville et Daniel Sernine

Une exposition à voir...

 
17 décembre 2009

Savez-vous ce que sont une plage tactile, un raphigraphe, l’écriture Moon? Pour le découvrir, ne manquez pas la visite de l’exposition Le braille, c’est normal! qui se tient à l’Espace jeunes de la Grande Bibliothèque jusqu’au 7 novembre 2010.

2009 marque le bicentenaire de la naissance de Louis Braille. Ce dernier élabora, à l’âge de seize ans, un ingénieux système à six points qui, décliné en 64 symboles, permet depuis 1854 aux personnes aveugles de lire et écrire non seulement les lettres, mais également les chiffres, la ponctuation et la musique.

Pour sensibiliser et faire découvrir ce fascinant univers, la Grande Bibliothèque propose quatorze vitrines, deux œuvres, un panneau d’activités ainsi qu’une mise en valeur de la collection jeunesse adaptée. De l’invention du braille aux créateurs aveugles, vous voyagerez au sein des systèmes précurseurs, aurez un aperçu des outils d’écriture et de lecture ainsi que des modes de transcription, traditionnels ou technologiques, et comprendrez mieux comment le braille s’intègre aux différents domaines du savoir : arts et architecture, sciences et mathématiques, musique, littérature, jeux et divertissements.

Essentiellement sous verre, l’exposition s’adresse avant tout aux personnes voyantes. Elle requiert entre environ quarante minutes, et gagne à être visitée en famille ou en groupe scolaire. En effet, en l’absence de visite guidée, les notes explicatives demandent parfois une lecture attentive. Les objets exposés proviennent des collections du Service québécois du livre adapté (SQLA) de BAnQ, de l’Institut Nazareth et Louis-Braille, ou encore de collections privées. On comprend et on regrette tout à la fois qu’il n’y ait pas plus d’exploration tactile au menu : seuls deux ouvrages d’Henriette Major se prêtent à l’expérimentation.

En complément à l’exposition, trois feuillets d’activités permettent de mettre à l’épreuve de façon ludique les connaissances acquises. En outre, plusieurs activités destinées aux jeunes ou aux adultes se tiennent pendant la période d’exposition. Cette dernière représente également une belle opportunité de mettre de l’avant la collection que BAnQ conserve et diffuse par l’intermédiaire de son SQLA : braille intégral, abrégé ou musical, sonore analogique ou numérique, ainsi que duo-média. La Politique de développement des collections donne priorité à l’édition québécoise et tient compte de l’adaptabilité des œuvres. La bibliothécaire responsable de la sélection au SQLA, Mme Hamdad, indique que cette collection spécialisée, accessible à toute personne ayant une déficience visuelle et perceptuelle compte trois mille titres pour jeunes, dont deux mille en braille ou duo-média, dans une proportion d’environ 60 % de fiction et 40 % de documentaires.

Bonne visite!

Catherine Houtekier
 

Pour en savoir plus:
Communiqué sur l’exposition.


Théâtre à la carte

La saison en cours ramène sur les scènes les artisans du théâtre pour jeunes publics. Parmi les lieux les plus dynamiques se consacrant à l’accueil des enfants et des adolescents, l’Arrière Scène, centre de création et de diffusion situé à Beloeil, offre une programmation 2009-2010 axée sur le réconfort. «Réconfort pour le cœur, pour l’imaginaire et pour l’âme», écrit le directeur artistique, Serge Marois, dans la brochure de saison.

Dès février 2010, on pourra voir à Beloeil Une histoire pour Édouard du Théâtre des Confettis, Baobab du Théâtre Motus, et la reprise en mars de Pacamambo de Wajdi Mouawad, un succès de l’Arrière Scène, joué plus de 250 fois depuis l’an 2000.

Suivra en avril un spectacle chorégraphique, Variations mécaniques (photo ci-dessus), signé Harold Rhéaume, qui en est aussi l’interprète : une œuvre ludique, rencontre de la danse et des arts visuels, intégrant aussi les technologies vidéo, destinée aux enfants de 5 à 8 ans.

En mai, on offrira aux adolescents, à partir de 14 ans, un succès du Théâtre le Clou, Assoiffés, un autre texte de Wajdi Mouawad, mis en scène par Benoît Vermeulen : l’histoire de Murdoch, ado révolté incapable d’arrêter le flot des mots qui sortent de sa bouche, et de Norvège, une jeune fille réfugiée dans le mutisme. Une pièce décapante, qui vaut le détour.

L’Arrière Scène, qui offre des ateliers d’initiation théâtrale et des rencontres dans les écoles avant et après les spectacles, et multiplie les initiatives pour faciliter l’accès des jeunes au théâtre, présente aussi en tournée, au Québec et en Europe, ses spectacles La Robe de ma mère, Stanislas Walter LeGrand et Pacamambo.

Le Théâtre Bouches Décousues cultive

La compagnie dirigée par l’auteure et comédienne Jasmine Dubé, le Théâtre Bouches Décousues, fait éclore sa trilogie «Les Jardins d’enfants», en gestation depuis 2007: le premier spectacle, Les Mauvaises Herbes, destiné aux «plus grands» à partir de 8 ans, est présenté à la Maison Théâtre, à Montréal, en janvier 2010, et au Centre national des arts, à Ottawa, en février. Le deuxième, Gingko et la Jardinière, pour «tout public à partir de 4 ans», sera créé au festival Petits bonheurs, en mai; quant à Marguerite, le troisième volet du triptyque, qui cible les tout-petits à partir de 18 mois, c’est en mars, au festival Méli’Môme de Reims, en France, qu’il sera mis au monde, et il faudra sans doute attendre à la saison suivante pour le voir chez nous. Entre-temps, le Théâtre Bouches Décousues continue de faire voyager son succès Léon le nul, à présent traduit en anglais sous le titre Leo the Zero, son classique Le Bain, qui a connu sa 500e représentation en décembre 2008, et son parcours alliant théâtre et arts visuels La Couturière, présenté plus de 250 fois ici et ailleurs.

Raymond Bertin

Pas tout à fait
trois livres par habitant

 
5 février 2010

Le quotidien Web Rue Frontenac rapportait le 3 février que l’objectif de trois livres par citoyen n’était toujours pas acquis dans le Réseau des bibliothèques de Montréal. Seuls quatre des dix-neuf arrondissements auraient atteint l’objectif énoncé en 1998 dans la politique québécoise du livre et de la lecture Le temps de lire, un art de vivre, à savoir Anjou, Ile-Bizard-Ste-Geneviève, Outremont et Pierrefonds-Roxboro. Ces chiffres ont été énoncés par la conseillère de l’opposition Élaine Ayotte, lors de la séance du Conseil municipal du 26 janvier.

Le ratio actuel serait de 2,25 livres par habitant. La Commission permanente du conseil municipal sur le développement culturel estimait d’ailleurs, dès 2006, qu’un rattrapage était impératif, le lien inverse n’étant plus à démontrer entre le taux de décrochage scolaire et la richesse des bibliothèques publiques.

L’écart entre la norme et la réalité n’a pas été rétréci ces dernières années. «Le ratio de trois livres est difficile à atteindre», a avoué au journaliste de Rue Frontenac la mairesse d’Outremont et responsable de la culture au comité exécutif, Mme Marie Cinq-Mars. «Avec les nouvelles bibliothèques à venir, plus de gens auront l’opportunité de louer un ouvrage», a-t-elle précisé en faisant allusion aux nouvelles succursales promises pour les arrondissements Rosemont et Saint-Laurent.

Le montant budgété pour ces bibliothèques a toutefois été réduit de moitié dans le Plan triennal d’investissement 2010-2012, suite à la révision générale du processus d'octroi des contrats publics – une autre retombée du scandale de l'automne dernier.

 

CSDM :
la paranoïa monte d'un cran

 
30 novembre 2009

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) dénonce l’obligation faite aux écrivains et aux artistes du programme La culture à l’école de montrer patte blanche dans les institutions d’enseignement de la Commission scolaire de Montréal, en procédant à une vérification de leurs antécédents judiciaires.

«Au fond, tout le monde est coupable... Il nous suffit juste de déterminer de quel crime exactement.» C’est en citant la nouvelle version de la série culte Le Prisonnier que le président de l’UNEQ, Stanley Péan, a commenté l’obligation désormais faite aux écrivains et aux artistes du programme La culture à l’école de montrer patte blanche avant d’entrer dans les institutions d’enseignement. Selon un avis publié par l’inénarrable CSDM, tout individu, contractuel inclus, œuvrant auprès d’élèves ou se trouvant en contact avec eux devra fournir avant embauche un document de vérification de ses antécédents judiciaires, en s’adressant exclusivement à l’une des quatre firmes retenues par la Commission, et ce au coût de 80 $. Il s’agirait, conformément au souhait du gouvernement du Québec, d’établir si l’écrivain ou l’artiste invité «aurait été condamné ou mis en accusation pour une infraction criminelle ou pénale, de [vérifier] également s'il a déjà fait preuve d'un comportement faisant craindre pour la sécurité physique ou morale des personnes sous sa responsabilité».

On parle de présentations d’une une heure, devant une classe entière sinon davantage, en présence des enseignants. Que craint-on qui se passe, dans ce contexte ?

Pour l’UNEQ, «Il nous apparaît inacceptable, dans notre système judiciaire qui repose sur la présomption d’innocence, que l’on contraigne des individus à prouver qu’ils ne sont pas coupables de crimes dont on n’ose les accuser formellement. [...] Nous nous insurgeons contre l’idée que l’on fasse porter le fardeau de la preuve à des écrivains et à des artistes pourtant inscrits dans un programme relevant de l’État, qu’on les ostracise avec une forme inédite de la présomption de culpabilité.»

Daniel Sernine

Maison Théâtre:
la saison 2009-2010

La deuxième partie de la saison de la Maison Théâtre débutait le 20 janvier avec Les Mauvaises Herbes, du Théâtre Bouches Décousues.

Du 3 au 13 février, on peut voir Tante T, un spectacle musical et chanté du Petit Théâtre de Sherbrooke, qui raconte les difficultés rencontrées par une famille qui accueille une vieille tante bavarde en perte d’autonomie. Une réflexion sur la mémoire et les rapports entre les générations, destinée aux 7 à 12 ans.

Les adolescents ne seront pas en reste puisqu’on leur offrira en première une création du Théâtre Bluff (D’Alaska) intitulée S’embrasent, sur un texte du Français Luc Tartar dont la mise en scène est assumée par Eric Jean, le directeur du Théâtre de Quat’Sous. Cette œuvre a notamment fait l’objet d’un laboratoire public lors de la Rencontre Théâtre Ados et a suscité beaucoup d’intérêt. Autour du coup de foudre communicatif entre un garçon et une fille dans la cour de l’école, ce spectacle promet de mettre le feu aux planches de la Maison Théâtre!

Suivront : du 5 mars au 3 avril, Carton rouge sur carré vert, un spectacle de marionnettes des Amis de Chiffon (pour les 4 à 8 ans), et du 7 au 25 avril, et L’Ombre de l’escargot de la compagnie Nuages en pantalon (pour les 5 à 9 ans).

Puis, la compagnie belge Les Ateliers de la Colline viendra, du 29 avril au 9 mai, présenter un spectacle où deux acteurs manipulent de grandes marionnettes dans une histoire d’exclusion sociale au titre évocateur de Tête à claques… Une œuvre primée en Belgique qui nous fait voir toute la méchanceté des rapports humains (pour les jeunes de 9 à 14 ans). Le Carrousel s’amènera ensuite, du 12 au 16 mai, avec Le Bruit des os qui craquent, pièce coup-de-poing de Suzanne Lebeau, mise en scène par Gervais Gaudreault. Il y est question du sort fait aux enfants soldats, un sujet grave, à caractère quasi documentaire. Cela s’adresse à tous, à partir de 11 ans.
Pour clore cette riche saison, la Maison Théâtre recevra, du 19 mai au 6 juin, La chenille qui fait des trous et autres petits contes du Mermaid Theatre de Nouvelle-Écosse. Une initiation tout en couleurs et en musique à la marionnette et à la technique de la «lumière noire» pour les petits de 3 à 7 ans.

Pour plus de détails, on consulte le site de la Maison Théâtre . On peut aussi voir les sites d’autres diffuseurs de théâtre jeune public, comme les Gros Becs à Québec, l’Arrière-Scène à Beloeil, ainsi que la programmation jeunesse de diffuseurs pluridisciplinaires comme, par exemple, le Théâtre du Vieux-Terrebonne.

Raymond Bertin