Vite dit


Samuel Champagne
invité d’honneur au SLM

23 octobre

«Rencontrer et célébrer l'autre», tel sera le thème de la 41e édition du Salon du livre de Montréal (SLM) qui se tiendra à la Place Bonaventure du 14 au 19 novembre. Proposant un foisonnement de rencontres entre le public, les auteurs, les illustrateurs, les éditeurs et autres artisans des métiers du livre, le SLM souhaite également la rencontre d'idées et de points de vue sur le monde et sur la société, comme en témoigne le choix des invités d'honneur. Du nombre, l'auteur jeunsse Samuel Champagne et l’illustratrice Marianne Ferrer.

Début trentaine, Samuel Champagne se spécialise en littérature jeunesse LGBT. Il écrit sur la réalité des personnes gaies ou trans et désire aider les gens qui vivent ces réalités et ceux qui souhaitent les comprendre. Il faut dire que le parcours littéraire de l'écrivain est intimement lié à son parcours personnel. Né de sexe féminin, Samuel Champagne a longtemps vécu avec l’impression de ne pas être à la bonne place, comme il en témoigne dans son autobiographie Trans, publiée en 2017 aux Éditions de Mortagne. Tentant de se conformer au sexe que la nature lui avait donné, Samuel a souffert en silence. Angoisse, épisodes dépressifs et troubles alimentaires ont mis sa vie en danger. Malgré tout, Samuel a été en couple et il a mis au monde deux jeunes garçons. Puis il a fait le constat que son corps n'était pas le bon. Aujourd'hui, Samuel est un homme, transsexuel et homosexuel. Son corps est plein de cicatrices, mais il a enfin l'impression d'exister.

Samuel Champagne affirme que les livres l'ont beaucoup aidé durant son enfance et son adolescence: «Quand je lisais, j'étais quelqu'un d'autre. J'avais besoin d'être quelqu'un d'autre pendant un instant.» Son amour de la littérature l'a amené à compléter une maîtrise portant sur la thématique homosexuelle dans les romans pour adolescents publiés au Québec. «Mon corpus était composé de sept romans publiés avant 2012. Aujourd'hui, ce type de littérature augmente de façon exponentielle. Aux États-Unis, il se publie entre quarante et cinquante romans LGBT annuellement. Certaines maisons se spécialisent même dans ce créneau. Au Québec, c'est une douzaine annuellement, soit un peu plus qu'en France où la sexualité est à peine effleurée. Au Québec, la sexualité est plus explicite dans les romans LGBT, mais il manque l'aspect intersectionnel que l'on retrouve chez nos voisins du Sud : la mise en scène de personnages handicapés, racisés ou venant des régions.»

Samuel Champagne a écrit sept romans. Outre Quand le destin s'en mêle, paru en 2016 chez de Mortagne et dont l'histoire tourne autour d'un couple hétérosexuel, ses autres titres abordent l'homosexualité masculine et la transsexualité. Est d'abord paru en 2013 le roman Recrue, dans la collection «Tabou». Ont suivi Garçon manqué en 2014 et Éloi en 2015, premiers romans pour adolescents à être publiés au Québec traitant de la transsexualité.

En 2018 sont parus Adam et James. «Tous mes romans sont publiés chez De Mortagne, car cette maison n'a pas peur de mettre de l'avant certaines thématiques. J'ai commencé à écrire parce que j'avais un trop-plein d'histoires dans la tête. Aujourd'hui, j'écris pour combler un manque de représentations positives dans la littérature LGBT. Si, dans ma jeunesse, j'avais eu accès à des romans comme ceux que l'on retrouve actuellement sur le marché, ça m'aurait beaucoup aidé.»

L'invité d'honneur au SLM publiera en 2019 ou 2020 deux nouveaux titres dans la collection «Tabou» ainsi que le roman Antonin, qui s'inscrit dans la même collection que Adam et James, «Kaléidoscope»

On pourra lire l'entrevue complète de Samuel Champagne dans notre numéro d'hiver.

Nathalie Ferraris

Lurelu
à la Fabrique culturelle

28 juin

Pour son 40e anniversaire, la Sodep s'est associée à la Fabrique culturelle, avec l'appui financier de Patrimoine Canada, afin produire et diffuser une capsule vidéo pour chaque revue participante.

Celle associée à Lurelu vient d'être mise en ligne. Elle présente l'auteure et illustratrice Caroline Merola, à l'œuvre dans son atelier et dans une classe du primaire. Allez jeter un coup d'œil au www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/11089/caroline-merola-revue-lurelu

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